Microbiote buccal canin

Les chiens développent naturellement des mélanomes oraux, très agressifs. De plus, ces mélanomes sont spécifiques de race, ce qui suppose des prédispositions génétiques, et touchent les chiens âgés, indiquant la présence d’altérations somatiques nombreuses et des facteurs de risque autres que génétique. La plupart des mélanomes, y compris les mélanomes muqueux, sont non liés aux UV. Ainsi, ces mélanomes sont propices à la recherche de facteurs environnementaux autres que l’exposition au soleil. La fréquence des mélanomes buccaux et la spécificité raciale est telle chez le chien, que nous émettons l’hypothèse que la nourriture, les composés toxiques ou les infections répétitives et spécifiques de la bouche des chiens pourraient contribuer au développement des mélanomes oraux canins, au même titre que l’exposition au soleil pour les mélanomes cutanés humains. Le lien direct entre ces différents déséquilibres du microbiote buccal (ou dysbioses) et la survenue de maladies inflammatoires, d’allergies ou de cancers est maintenant bien documenté. Plusieurs études montrent des similarités entre les microbiotes canins et humains.

Chez l’homme, les mélanomes muqueux sont de très mauvais pronostic mais encore peu étudiés dans les populations caucasiennes, car plus rares que dans les populations asiatiques ou africaines. Puisque les chiens partagent notre environnement et sont exposés aux mêmes composés carcinogènes, nous pouvons supposer que de tels facteurs de risques pourraient également participer à l’initiation et la progression des mélanomes muqueux humains.

Les mélanomes humains et canins présentent de fortes analogies cliniques, histologiques et de réponse aux traitements. Malheureusement, les facteurs de risques environnementaux ne sont pas tous clairement identifiés. C’est pourquoi, notre équipe a engagé la recherche des modifications environnementales, en particulier du microbiote buccal, dans les cas de mélanomes muqueux chez le chien, afin de découvrir les mécanismes qui influencent le développement de ces cancers et qui serviront la recherche chez le chien et l’homme.

Le principal objectif de ce projet est :

    • de déterminer la composition des microbiotes oraux de chiens indemnes et de chiens atteints de mélanome buccal
    • d’identifier d’éventuelles corrélations entre la dysbiose orale et la prédisposition et/ou le développement des mélanomes buccaux canins
    • et de transférer ces connaissances aux mélanomes muqueux chez l’homme.

Ce projet, comme les autres projets de notre équipe, fait appel aux vétérinaires spécialistes, aux clubs, aux éleveurs, et aux propriétaires, qui, soucieux de faire avancer la recherche dans ce domaine, acceptent de participer au projet.

Pour participer à ces travaux de recherche, veuillez nous faire parvenir :

    • un prélèvement sanguin sur tube EDTA et des prélèvements de salive sur des écouvillons en coton de chiens de toutes races atteints de mélanome, ainsi que de chiens âgés non atteints de cancers qui servent de témoins
    • un questionnaire clinique rempli pour chaque chien atteint
      • une photocopie du pedigree ou de l’information des parents
    • une photocopie des résultats cliniques

En cas de biopsie de la tumeur, de chirurgie ou de décès du chien, des prélevements d’échantillons tumoraux (et non tumoraux, si autopsie) dans des milieux spécifiques pour des analyses complémentaires (tubes fournis par nos soins, sur demande) seraient très utiles. Dans ce cas, il faudrait nous prévenir (tél. : 02 23 23 45 09) rapidement ou idéalement avant, pour que nous vous indiquions, à vous ou votre vétérinaire, la procédure à suivre.

Ces travaux sont réalisés au CNRS de Rennes, en collaboration avec le Dr Jérôme Adabie (LHA, ENV Nantes), le Dr Florian Boutoille (Atlantia, Nantes), aux laboratoires d’histopathologie vétérinaires (LAPVSO, Toulouse et IDEXX Alfort), avec le concours de nombreux vétérinaires praticiens et grâce aux nombreux propriétaires et éleveurs qui acceptent de prélever leur(s) chien(s).

Mélanome buccal

Photo M. Delverdier

Nous rappelons que les données recueillies au CNRS restent confidentielles.

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter notre équipe par téléphone au 02 23 23 45 09 ou par mail cani-dna@univ-rennes1.fr.